La recherche

Hier j’ai assisté à une conférence obligatoire sur la motivation et la prévention à la violence. Je suis contente d’y être allée. J’y serais peut-être allée même si ce n’était pas obligatoire de toute façon. L’intervenant était clair, ouvert aux questions et nous a bien expliqués qu’il comprenait que cela ne nous paraisse pas entièrement réalisable, lui-même a été voir le ministre à l’époque avec son dossier de recherche sous le bras et le ministre l’a accueilli en lui expliquant qu’il n’avait pas les moyens de mettre toutes ces choses en place… Toujours le même souci… (oups accent circonflexe, je l’enlève?)

 

Oui je le savais déjà, lorsque l’on a un élève qui n’y arrive pas et qui ne se sent pas aidé par l’enseignant et l’entourage, ça peut souvent tourner à la violence comme une expression de frustration. On en avait parlé en formation. ça me paraissait simple, logique, (et pendant ce temps là je pensais un peu plus à mon concours qu’à cette logique) sauf que j’ai le sentiment que le formateur il y a deux ans parlait d’un cas isolé dans la classe, j’ai le sentiment d’en avoir une quinzaine sur mes 25 élèves… Disons que j’ai le sentiment que mes élèves arrivent avec toutes leurs frustrations extérieures dans la classe et que d’y arriver ou pas en anglais, ça leur passe au-dessus pour la plupart. La motivation doit venir de l’élève pour être vraie… Je peux donner les noms de mes élèves qui ont une motivation personnelle. Je peux les compter sur les doigts de la main. Après il y a ceux qui ont la baffe à la maison si la prof d’anglais appelle parce qu’elle est pas contente. Motivation extérieure donc fausse motivation donc motivation inefficace en fait a dit le monsieur. Je suis bien d’accord. La plupart de mes élèves ne choisissent pas de venir et rien que ça, c’est dix fois plus de bâtons dans mes roues….! Quand ils ne sont pas soudain motivés pour me pourrir mon cours. J’ai à nouveau eu droit à ma fête cette semaine. Ils ont décidé de tous tousser en même temps. Puis de tous dire « oh! » quand je disais « silence please »… Ok on bosse sur l’environnement et ça n’a pas bien l’air de les brancher, j’ai réussi à les focaliser avec deux trois projets originaux trouvés sur internet mais la seule vraie réaction qui vient du coeur que j’ai eu c’est « pourquoi on fait pas tous ça, pourquoi le président il décide pas de faire ça en France? On vit dans un pays de merde, cherche pas »… Va défendre la république après ça toi… Vive les classes de 3eme. Bon j’ai eu un moment de lucidité extrême de la part de mes élèves je vais pas cracher dessus!

Mais revenons à nos moutons. La motivation. Comment les motiver quand ils sont 25 ou plus d’individus à avoir des goûts différents, des envies différentes, des besoins différents, des sautes d’humeur différentes? La pédagogie différenciée (je propose, je propose, que ce soit en rajoutant des aides sur les supports ou en proposant de choisir son sujet afin d’en trouver un plus simple, plus les grilles du CECRL…!) ne suffit pas. Elle ne permet qu’un premier stade de motivation sécurisant pour l’élève où il fait ce dont il est capable, selon ce qu’a dit l’intervenant, et donc ce n’est pas assez pour parler de motivation réelle.

Du coup j’en profite pour glisser cette vidéo. TED. Ma conférence préférée 😀

cliquer ici (WordPress n’héberge plus youtube désolée…)

Une expérience dont j’avais déjà entendue parler. Faite en maternelle. Les élèves arrivent et choisissent leur activité. Ils font ça en Finlande aussi (même si on sait que ce n’est pas un modèle idéal pour d’autres raisons — la Finlande ne prépare pas ses élèves au dur monde de la réalité du coup taux de suicide des ado assez impressionnant… ça ne veut pas dire que leur idées ne sont pas à prendre, on peut trouver un juste milieu) J’aimerais que mes élèves arrivent et s’installent sur une activité de leur choix moi aussi. Mais ils sont 25 au minimum et il faudrait une salle à moi, un peu plus grande, du matos qui peut rester sur place, une prof qui reste sur place aussi (parce que ça fait partie des gros problèmes de l’éducation nationale à mon avis, qu’on nous place plutôt que l’on ait une liste de gens qui ont le concours et qui aillent postuler comme dans le secteur privé, se vendre, se donner à fond, mais avoir un poste qu’on a voulu, je ne vois pas pourquoi les profs seraient motivés sans eux aussi choisir l’activité qu’ils veulent faire…si je savais que j’aurais ma salle, du matériel et tout et tout je serais moins réticente à venir bosser dans un endroit inconnu et mal réputé) ils auraient plus de trucs à manipuler, ce serait plus agréable. Mais il ne faudrait pas que ce soit juste 45 minutes, trois fois dans la semaine, ça n’aurait pas de sens non plus. Faire des gros créneaux pour avoir le temps de monter des vrais projets, ça ça serait cool…

Bref, j’ai une vision pessimiste de mon métier, pourtant je m’accroche. Je vais finir en collège expérimental moi je vous le dis!

 

 

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