Lectures

Je continue mes lectures (mon porte-monnaie lui se souvient bien que j’avais fait une grosse commande histoire de faire un retour sur moi, de trouver de nouveaux outils que l’ESPE ne m’a jamais donnés…) Je viens de terminer ce livre de Serge Boimare, Ces enfants empêchés de penser.

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Je pense qu’il nous le faudrait tous, ce livre me semble être un essentiel dans le flot (où l’on se perd il faut l’avouer, pour démêler le bon du fake, de bouquins sur la pédagogie). Il y a quelques points qui mettent en avant comment les EPI (mais du coup ils n’existaient pas encore au moment de sa rédaction), s’ils sont bien faits, peuvent nous aider. Parce que oui, tout n’est pas mauvais dans la réforme. Mais en même temps, il y a un morceau que je vais copier là qui parlent de la réforme qui devrait être lu à tout ministre…

« Pourquoi l’annonce d’un changement dans les programmes déclenche-t-elle aussi vite l’opposition des enseignants? »

ça a vraiment retenu mon attention.

« Il y a deux raisons majeures à cela. La première, cette annonce arrive alors que la précédente réforme est en train de se mettre en place. Avant même de savoir si elle était utile il faut passer à la suivante. »

Comment vous dire que moi qui commence cette année au collège, je construis des séquences en entre deux, j’ai la chance encore que le programme d’anglais soit assez ouvert et similaire, mais je vais devoir changer le tout à la rentrée, plus ou moins, et je ne suis pas la seule dans ce cas et dans d’autres discipleines le changement est drastique. Quand on sait le temps qu’on y passe… J’ai presque envie de dire pourquoi faire? ça te démotive que t’as même pas encore commencé…

« La seconde raison est plus pernicieuse. L’annonce d’une réforme est pratiquement toujours accompagnée et préparée par l’idée qu’avec ce changement, il va devenir enfin possible d’apprendre à lire, écrire et compter aux enfants. On a l’impression de s’entendre dire que le véritable travail va enfin commencer. Cette déclaration est extrêmement blessante pour les enseignants. »

Certes cette année il y a moins de rupture, mais tout de même…!

« Comme de plus ils n’ont pas été consultés dans la préparation des programmes, ils repèrent les incohérences pratiques et les montent en épingle. »

Et du coup après ce sont les ministres qui sont blessés.

Une histoire sans fin.

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Bref. Ce livre m’a énervée parce que je ne comprends pas pourquoi on ne m’a pas en deux années d’ESPE préconisé cette lecture. (Vous avez cru que j’allais dire du mal du bouquin hein? poisson d’avril en avance!) Chaque pas que je fais en avant en tant que pédagogue me fait détester un peu plus ces deux années qui ne m’ont aidées qu’à avoir mon concours (et à détester par là toute réforme car c’est la première qui m’ait touchée en plein coeur, j’ai loupé l’IUFM de peu pour me retrouver dans un entre-deux test complètement raté. Même s’il faut bien tester, ce que je fais chaque jour encore, c’est dur à vivre). Par exemple le livre explique combien une séance hebdomadaire de « coréflexion entre enseignants » serait bonne. Quand j’entendais parler de l’IUFM, ça avait lieu et je me disais oh combien ce doit être bon de continuer ça les années suivantes même si je n’ai jamais vraiment vécu ça à part deux ou trois séances par-ci par-là parce qu’en plus j’ai étudié en province tiens! J’ai de la chance de beaucoup parler avec mes collègues des soucis, de ne pas me sentir dévalorisée lorsque j’exprime les difficultés que je rencontre dans mon établissement en zone prioritaire, parce que j’ai la chance d’avoir une équipe qui ne fait pas, de manière générale même si on a deux ou trois collègues un peu à part, une généralité que l’on subit tous et qu’une collègue de mon autre bahut m’a exprimée: tu ne sais pas gérer ta classe = tu n’es pas un bon prof, c’est de ta faute à toi seul. Allez prends ça en pleine pomme.

Le bouquin le rappelle bien. Il exprime les craintes vécues des professeurs et c’est chouette, en le lisant j’avais l’impression d’une main sur mon épaule.

ça aide à avaler le reste de la pilule proposée par le livre? ça caresse dans le sens du poil? Je m’en fous, j’aime bien qu’on me caresse dans le sens du poil. La culture et le langage sont des outils magiques qu’il nous faudrait utiliser. J’en utilise de temps à autre. Là avec les 4eme je les ai nourris d’histoire. Même si on est passé par l’anglais (bah oui… et une fois j’ai fait une traduction et un mélange de mime en même temps en fin d’heure histoire de finir sur une ouverture pour eux) on y est passé et c’est vrai que personne ne m’a rendu copie blanche. C’est vrai qu’ils ne se sont pas dispersés, ils ont écrit.

Et puis je ne peux m’empêcher d’essayer de puiser dans mon expérience personnelle. Mes parents ne sont pas d’une origine sociale très élevée mais les histoires ont toujours traversées nos vies, ma mère m’en lisait beaucoup. Je pense que si j’ai pu avancer scolairement contrairement à eux, c’est parce que oui, mon monde intérieur était riche de représentations sur lesquelles je pouvais m’appuyer. Donc je crois ce monsieur et vous le dis, il faut lire ce livre. Si vous n’aviez le temps que pour un seul pour réfléchir un peu sur votre pédagogie, c’est celui-là, pas de doute.

meme

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