Tous ces débats

Comme je suis prof principale, j’ai pas mal de paperasse à remplir par rapport à certains élèves à besoin spécifique. J’assiste aux réunions avec le médecin scolaire après avoir couru après mes collègues pour avoir des informations sur le comportement et le niveau de l’élève en question (qui n’a plus d’AVS depuis trois jours après la rentrée pour des raisons de paperasse administrative youhou!) et je me retrouve à devoir répondre pour tous mes collègues devant un jury… les boules. Mais passons. Je prends note des recommandations du médecin scolaire et envoie un message aux collègues pour transmettre l’information.

Réponse énervée des collègues qui ne le feront sûrement pas:

« Il sait, le médecin scolaire, qu’on en a 29 dans la classe? »

« Mais sinon que d’heures de travail dépensées en  pédagogie différenciée pour combler les manques de structure de l éducation nationale ! »

ça ouvre le débat.

J’avoue avoir un avis philosophique sur le sujet. Je suis d’accord et je ne suis pas d’accord.

Oui, c’est grave difficile d’avoir pratiquement trente élèves dans une salle de classe toute serrée où il est très difficile d’avoir de mettre en place des ateliers en mode pédagogie différenciée comme en maternelle Alvarez le fait avec Montessori. Mais en même temps, des fois il suffit de créer un tout petit document en plus. En plus là franchement, le médecin scolaire a demandé s’il était possible que l’élève ait une clef USB et hop à la fin du cours, on lui met le fichier, surtout pour les profs qui font la trace écrite avec un fichier word (hors beaucoup de mes collègues le font, moi j’écris au tableau, j’ai honte parfois…j’ai même pas trente ans et je le fais à l’ancienne…) Je viens d’un collège où il fallait se démener pour mettre les gosses au boulot, on a la chance dans ce bahut d’avoir peu d’élèves en difficulté, d’avoir des élèves très scolaires, alors j’ai un peu de mal à me ranger de leur côté. Mais une fois de plus, ça arrangerait tellement les choses si on avait moins d’élèves, déjà cinq de plus par rapport à l’année dernière en rep je trouve ça hypra différent…

 

Que penser de tout ça?

 

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Enseigner ne semble pas la priorité

C’est la rentrée! Et avec ça, tout plein d’articles sur une meilleure école, sur ce qui ne va pas à l’école, et les copines au téléphone qui me racontent leur rentrée, leur sentiment, et toujours la même question, la même idée en tête: il faut montrer qu’on tient notre classe, il faut être ferme, on se relâchera un peu mais pas trop, plus tard, quand on sera vraiment certain de les tenir.

Mais pourquoi????

Je commence dans un nouvel établissement cette année et surprise, je suis nommée prof principale en 6eme. Gros lol. Je n’ai pas refusé. Je ne veux pas me mettre la direction à dos. Je ne veux pas montrer que je suis faible. Je n’ai toujours pas pensé à mon enseignement, j’en suis seulement à stresser pour ma rentrée, quelques heures dans une classe avec trente élèves de 6eme, les miens, à qui il faut donner de la paperasse à faire signer par papa et maman, à qui il faut faire remplir le carnet de liaison, expliquer le nouveau système, l’emploi du temps, attention aux semaines A et B et attention, parce qu’en semaine B en plus, vous êtes en demi-groupe. Leurs yeux effrayés. Les rassurer. En rabrouer deux ou trois. Leur montrer qu’on est chef. L’assurance est un peu prise au bout d’une heure et hop les parents arrivent et on se retrouve devant un public de plus de cinquante personnes. Le noeud à l’estomac revient. La remarque d’une collègue à midi me fait flipper « il est bien le nouveau prof de musique, je l’ai trouvé très professionnel dans son discours, mais il se balançait un peu, ça fait pas sûr de soi, devant les parents. » Et moi, j’étais comment? Me souviens pas. J’essayais d’avoir un discours pédagogique avant tout, oublié la partie visuelle. Ai vu le parent froncer les sourcils quand je suis arrivée, ai parlé des groupes d’accompagnements personnalisés, ne savais pas que cette classe là n’avait pas encore eu les emplois du temps, ne savais pas si je les voyais en classe entière avant cette heure d’accompagnement personnalisé. Je ne savais pas. Oui, les autres ont eu l’air super pro quand devant les parents, sans regarder leur feuille, ils savaient dire à quelle heure ils avaient cours avec leurs enfants. Shit. Un parent pose la question aux deux profs de langue présent (donc le collègue d’allemand et moi-même) sur nos objectifs de fin d’année. Le collègue d’allemand fait tout un discours sur ses projets, je l’écoute, il parle du fait que faire ses devoirs, c’est vraiment nul (et fait passer tout les autres collègues pour des crétins, uniformité de l’équipe enseignante zéro, problème numéro un soulevé) puis termine et… se casse. Et me laisse seule devant cinquante paires d’yeux. « Pour répondre à votre question en anglais… » Heureusement que j’ai été franche au début « je débarque, je suis nouvelle, je ne pourrai certainement pas répondre à toutes vos questions mais je sais où chercher » Double shit.

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La copine qui fait sa deuxième rentrée dans le même établissement, récupère des anciens élèves et des élèves qu’elle n’a jamais eu mais qui ont forcément entendu parler d’elle, elle ne connaît pas sa réputation, elle a peur. Elle a peur parce que pour cette rentrée, elle veut être plus ferme dès le début. Elle a peur que ceux qui la connaissent à la fin de l’année se souviennent d’elle comme une prof plutôt sympa mais ne comprennent pas sa soudaine fermeté. Elle a peur de perdre toute crédibilité à leurs yeux.

Seule l’expérience (aussi courte est-elle) me permet de lui dire que les élèves oublient, que les élèves ne voient pas les choses comme ça, qu’ils attendent de la fermeté de notre part (j’ai été « trop gentille » selon mes 3eme de l’an dernier, je sais ce qu’ils veulent, c’est l’avantage de la rep+, ils te disent les choses, ils t’aident sans le vouloir, ou pas?) mais ça ne la rassure qu’à moitié. On a entamé la procédure de rentrée depuis deux jours et demie, soit plus de 48h et personne ne s’est encore soucié de l’enseignement pur. Par contre, on pense déjà à la manière de faire la police dans nos salles de classe.

Pourquoi?

Parce que notre système ne le permet pas. Surcharge de classe bon dieu. En langues, j’y suis plus sensible. Je vois des articles sur ces classes où les profs laissent les élèves s’asseoir comme et où ils le souhaitent. Je sais au fond de moi qu’elle a raison. Mais je n’ai pas l’espace. Je l’aurais avec moins d’élèves. Je vois bien qu’ils sont encore capable d’aimer apprendre mais qu’ils sont déjà malheureux d’être dans une classe. Ils gigotent. Ils lèvent le doigt avant de parler, sauf deux trois, soudain pris d’un élan. Mais je me dois de leur rappeler que non, il faut lever le doigt. Parce qu’ils sont trente et qu’on ne va plus s’entendre. Je leur dis que si je gère le croit de parole, c’est pour que tout le monde puisse s’entendre, que pour l’instant ils ne peuvent pas s’auto gérer mais en même temps ils se tournent le dos! On est en rang d’oignons. Sh… ush.

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Je veux ça dans ma classe !!!!

Je sais qu’ils aiment apprendre parce que je leur ai fait remplir une fiche avec des « ce que j’aime ou n’aime pas à l’école », « ce que je fais de mon temps libre » et j’ai eu le droit à des choses comme « je veux devenir youtubeur alors je fais des vidéos avec ma cousine » « j’adore regarder des émissions scientifiques et je veux devenir ingénieur » « j’aime apprendre de nouvelles choses » « j’aime regarder des vidéos sur internet pour découvrir de nouvelles choses » et je sais d’avance que les années d’études scientifiques ne plairont peut-être pas à mon futur ingénieur, que devoir faire de l’anglais à une heure précise dans la semaine cassera peut-être cette habitude d’aller chercher des connaissances au hasard sur le net. Je pleure et je croise les doigts parce que je les adore déjà énormément, tous, je crois que comme la collègue sur internet, je suis tombée amoureuse d’eux. Et fou ça avant même d’avoir commencé à réfléchir à la manière dont j’allais leur enseigner l’anglais à proprement parler.

Prof, ce n’est pas enseigner, c’est tout ça avant…!

 

 

 

Brexit

Pour une fois je vais être brève. Ou presque.

Le Brexit ne m’a confortée que dans une seule idée, celle de l’importance de l’éducation. Son rôle sur les futures générations. Combien ont voté sans connaissance de cause? La liberté et la démocratie ne sont pas choses faciles. Elles ont besoin d’être animées par des êtres éclairés.

J’aimerais être assez forte en jeux de mots pour transformer le mot brexit en un hashtag raboute le fric dans l’éducation nationale, donne nous des moyens et des classes moins surchargées surtout afin que je puisse faire quelque chose pour de vrai de mes trois pauvres heures de cours par semaine dans un pays où l’immersion totale n’existe pas, et pas seulement en langue, croyez-moi.

J’avais dit que je serai brève, je m’arrête là…

Les collègues

Il y a quelques temps, on publiait sur le café pédagogique un article qui expliquait que l’école irait mieux si les collègues travaillaient ensemble. Entre temps il m’est arrivé dix milles (j’exagère, je sais, allez, seulement neuf mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf) petites anicroches et autres questions énervantes avec des collègues cachées sous un sourire que je me veux chaleureux quand le coeur n’y est pas.

J’ai commencé dans l’éducation nationale par avoir des collègues qui ne voulaient pas être mes tuteurs, dur. Je ne suis pas quelqu’un qui n’aime pas les gens « I’m a people person » comme dirait Penny (tbbt). J’ai toujours été très intéressée par les contacts humains, toujours vu ça comme quelque chose d’enrichissant, j’ai vécu à l’étranger pour me nourrir de différence. Alors j’ai gardé espoir malgré tout. Mais là il y a des jours je m’accroche. Il y a des jours, ce sont les collègues qui me mettent le moral à zéro.

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Alors j’essaie de prendre du recul et de comprendre pourquoi. On nous dit toujours que si les élèves font le bazar c’est parce qu’ils ne sont pas tous mis en condition d’être occupés (notre faute quoi…) pareil pour les adultes. C’est la faute du système en gros. Je pense.

Déjà parce qu’on entre dans le système par un système de compétition. Le concours. Je sais bien que si on avait à postuler, il y aurait aussi de la compétition, parce qu’on se vend toujours, parce que c’est la vie, mais on passe du temps en master ensemble avec cet esprit de compétition. On est formé à être prof dans un esprit de compétition. On sait dans les autres filières qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde, mais il n’y a pas qu’une seule personne à t’embaucher. On fait du chiffre avec de la matière humaine qui aura à gérer de la matière humaine. Je crois déjà avoir donné mon opinion sur l’épreuve même qui à mes yeux ne montre pas ce que je peux valoir en classe, sur le manque absence de formation…

Et ça se ressent en salle de profs. Il n’y a que deux profils. Ceux qui partagent en soulignant la plupart du temps que ce n’est peut-être pas le meilleur support au monde mais ça peut servir, et ceux qui, même avec des collègues d’autres matières, cachent leur travail.

rude!

Je ne parle même pas des querelles naturelles qui se font ensuite. L’intégration au groupe dans un tel contexte est difficile.

C’est également la faute du système parce que personne n’a le même statut dans la salle des profs (et on en vient au système de points, on vaut des points… mais ces points ne sont pas acquis aux bons résultats des élèves). Et ça a des répercussions sur la suite de l’organisation.

Alors comment travailler ensemble quand ce n’est pas le cas? 

Dans mon cas, je suis remplaçante titulaire et en plus sur deux établissements. Mes collègues me connaissent peu dans l’un des deux sauf l’équipe d’anglais. Je le sens, je ne suis personne pour certains. ça me rappelle une chanson de Yaël tiens… lol! Et est-ce que c’est de ma faute? Faut bien que quelqu’un fasse les compléments de service. Et si je vaux si peu de points, c’est parce que je suis jeune, pas mariée, pas d’enfant, pas de handicap et je viens en plus de changer d’académie…! Ma faute? non. Est-ce que j’ai mérité la déférence de mes collègues? Je ne pense pas.

Par conséquent, pas de salle attitrée. ça encore, je m’en arrange la plupart du temps et puis c’est normal, je ne fais que six heures dans cet établissement. Mais c’est dans l’autre sens que ça ne va pas en fait. On parlait de Mammouth de l’éducation nationale souvent. Certains profs sont des mammouths, je n’ai pas peur de le dire (pas tous heureusement hein!). Et pas les plus vieux, croyez-moi. J’ai un collègue qui a seulement la trentaine « chez qui » j’enseigne. Il n’y avait rien accroché dans « sa salle » mais par contre il y a deux panneaux en liège. Je me suis permise d’en investir un. Il est de profil par rapport au tableau, le prof n’a même pas à le voir! Je lui ai demandé seulement après si ça le dérangeait car j’avais du mal à le croiser, mais j’avais présenté mes excuses et proposé de les décrocher si jamais ça n’allait pas. Non non pas de souci (bon je sais qu’en face c’est dur de dire non mais une de mes collègues d’anglais refuse que j’accroche des trucs car elle a organisé la déco de sa salle selon les pays anglophones et mes tâches finales ne sont pas classées par pays…). Mais après il a glissé aux élèves qu’il voulait en accrocher plus que moi. ça pourrait être drôle sauf que je sens le truc derrière et qu’il se permet d’enlever des créations d’élèves et de les laisser à la merci des autres élèves. La première fois que je lui ai demandé gentiment s’il pouvait essayer de les laisser dans le placard pour que je puisse les rendre à leurs propriétaires pour éviter de les retrouver par terre ou à la poubelle, il était étonné que les élèves y aient touché… Et là aujourd’hui, elles ont tout simplement disparu…

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Les élèves l’ont remarqué. Ils étaient déçus. Blessés même. Mec, c’est pour les élèves que je les accroche, pour mettre leur travail en valeur, pour leur donner envie de continuer à faire de belles choses, et ils en font.

Je me suis presque demandée si c’était par pure vengeance. On en est rendu là…? Ou par simple égocentrisme? Mercredi dernier je devais partir un peu précipitamment car réunion avec un parent. Je ne fais pas des cours virtuels, j’ai toujours plein de matos plastifié à ramasser et à mettre dans mon sac, plus la clef usb à ne pas oublier. Du coup j’ai embarqué ses feutres pour le tableau. Les mêmes que les miens puisqu’on achète pas les feutres, on va tous à l’intendance… Je m’en suis rendu compte chez moi. J’arrive le mardi suivant. La journée du lundi avait été particulièrement éprouvante en rep. Je lui dis. Je lui présente mes excuses. Et il tire une tête genre il va me tuer, et il me dit qu’il était bien dans la merde et qu’il a accusé les élèves. Je lui dis à nouveau que je suis désolée, que lorsqu’on se balade d’une classe à une autre c’est parfois difficile. Une collègue intervient et dit qu’il pouvait aller en chercher un autre. Ah oui mais c’est chiant d’y être toujours rendu, puis on n’a plus le droit d’envoyer les élèves et puis en plus en français quand même, il écrit beaucoup quoi.

Je me sentais mal. Lui qui avait eu l’air plutôt sympa jusque-là, non. Je lui ai dit désolée et je suis partie. Je me suis dit qu’une collègue est intervenue, et que c’est sûrement aussi parce qu’elle pensait que ça ne valait pas le coup de me tirer une gueule pareille. Et puis je me suis dit merde, en tant que prof, moi, je vérifie mon matériel avant le cours. Il monte pas dans sa salle le matin pour voir s’il a tout? Pour allumer son ordinateur et ne pas perdre de temps? J’entends parler de feutres qui disparaissent dans la salle des profs. Moi je viens lui avouer, en plus je n’y ai pas touché! Je ne les utilise jamais ses feutres exprès car je veux voir quelle est ma consommation pour trouver comment en consommer encore moins. C’est juste parce qu’il les a laissé sur le bureau comme à chaque fois. Il est chez lui. Il m’arrive d’oublier un feutre dans la salle d’une collègue et de ne jamais le retrouver. Est-ce que je viens lui casser les pieds pour ça? Je vous jure, on aurait dit que j’avais commis le pire crime de l’humanité! Bad trip total. C’est un feutre quoi. Je venais juste être polie. ça m’apprendra…

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Mais ce mec-là (désolée mais à ce stade j’ai perdu tout respect pour lui), il a l’agrégation vous voyez. Et c’est là le second problème. La hiérarchie en filigrane numéro deux. Il y a deux concours dans l’éducation nationale. Le CAPES et l’Agrégation. Quand on a l’agrégation, qui est plus difficile à avoir, on a plus de chances d’être en lycée car on vaut plus de points et on donne moins d’heures de cours. Moi ça ne m’intéresse pas. Si un jour je le passe, ce sera pour le défi intellectuel mais le reste, je ne trouve ça ni intéressant, ni mérité. Si j’ai passé le CAPES c’est parce que je voulais enseigner. Pourquoi enseigner moins? Deux collègues l’ont passé cette année, seulement une l’a eu, elle parlait du salaire qu’elle allait toucher, je sais qu’on est moins payé que les autres pays mais j’ai déjà donné mon opinion là-dessus, je préfèrerai surtout qu’on ait plus de moyens dans l’établissement pour pouvoir faire des classes projets, nos métiers seraient moins difficiles et on ne sentirait pas le besoin d’un plus gros salaire (je suis idéaliste? oui). J’ai trouvé ça dommage, voire pas sympa car devant celle qui l’avait raté…. Le fait qu’on ait l’agrégation ou pas revient plus souvent qu’on ne peut le penser dans les salles des profs. Pourquoi? ça apporte quoi franchement?

Je ne passerai pas trois heures à également parler de cette éternelle question de qui doit vraiment faire telle ou telle chose. Chacun se renvoie souvent la balle. Par exemple là les collègues sont parties en Angleterre. Mais certains élèves n’y vont pas. Ils ont été répartis dans les autres classes. Trois élèves en plus ce matin. J’étais déjà au complet niveau chaises et espace… Pas prévenue. C’était à qui de nous prévenir? De penser aux effectifs dans les classes? Je n’ai pas la réponse, personne ne m’a donné la même. Tout le monde se renvoie la balle. On a eu un devoir commun pour les 5eme en anglais avec des élèves dans une autre salle pour le tiers temps. Leurs copies étaient pourtant dans le même paquet que celui de ceux qui n’en avait pas. Mais personne ne sait comment le paquet de copies a atterri dans mon casier, non corrigé. On m’avait envoyé un message pour me dire que je n’aurai pas de copies à corriger, on doublerait sur les 4ème. J’ai corrigé ce paquet. Je ne sais toujours pas qui aurait dû le corriger. Je me retrouve à envoyer un mail à mes collègues pour dire que je le ferai mais que je vais devoir dire non au deuxième paquet de 4ème. Je me retrouve dans une position ou ça sonne comme si j’étais une rabat-joie. Mais je dois apprendre à dire non. Rien n’est clair mais ce qui est sûr c’est que c’est encore un problème d’équipe.

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Bon j’en ai encore plein des anecdotes comme ça de choses qui font qu’on se sent inutile, invisible, mal considéré dans le groupe, mais celles-là il fallait vraiment que je les dise.

Alors conclusion.

On n’est pas égaux. On semble en perpétuelle compétition dans la salle des profs. C’est malsain. ça me rend triste. J’ai peur pour les EPI, j’espère qu’avec le temps ça nous poussera au contraire. L’humain est suffisamment difficile à vivre comme animal en groupe, groupe dont il a pourtant énormément besoin pour se construire. On est au 21ème siècle et on sait plein de choses sur le cerveau et l’humain en tant qu’être social mais pourtant rien n’est fait pour améliorer nos conditions.

Ah oui, c’est vrai, ça ne rapporte pas d’argent, ça en coûte..

A lire, vraiment.

Bon. Ça suffit les conneries. Jusqu’ici, j’ai essayé de traiter la réforme du collège avec impartialité. J’ai tenté de mettre en avant ses points positifs, malgré mes instincts qui avaient tiré les sonnettes d’alarme version “Houston, on a un problème”. J’ai passé du temps à rassurer les collègues sur les possibilités qui seront offertes. Le […]

via Le fast-food de la pensée — Monsieur Samovar

Entre deux mondes

Voilà des mois que je voudrais trouver du temps pour « réflexioner » sur ma pratique. Mais pas le temps. Sauf qu’aujourd’hui, j’ai assisté à un moment étrange, preuve que le monde de l’éducation publique est en train de muer. Preuve que je voulais partager.

Je travaille dans deux établissements différents et dans celui qui n’est pas labellisé zone prioritaire, j’ai une classe de 4eme composée de 30 élèves dont certains ont un comportement « grave » immature. Monsieur lève la main, tu ne l’interroges pas tout de suite et hop crise de nerf, je tape du pied LITTERALEMENT!!!! Bon, je me casse la tête pour bosser en îlots bonifiés, des tâches où ils sont en groupes et ça marche pas trop mal mais les collègues n’ont pas ma jeunesse et beaucoup se posent la question: que faut-il adapter? A quoi ont-ils besoin de s’adapter pour être prêt à intégrer le monde des adultes? Quel équilibre?

Plusieurs mails sont passés dans ma boîte, j’ai trop rien dit. Mais certains élèves ne jouent pas le jeu et il arrive alors soudain dans mon cours qu’un test de vocabulaire, dont j’ai discuté de la date avec eux (que faire de mieux donc?) et du contenu (vous pensez qu’il y aura quoi? Vous pensez qu’il faut vous pousser à retenir quoi pour la tâche à venir? car un test, c’est surtout pour vous pousser à apprendre, car une langue, malheureusement, ça s’apprend, y’a pas d’autre solution quand on est pas en immersion totale — trois heures par semaine les gars, ça suffit pas), se retrouve avec un 3 de moyenne. 3 de moyenne!!!!! sur 10 ok, mais quand même! WTF???

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Du coup ce midi, pendant mon heure de cours avec eux, on s’est réunis avec eux (les profs et les élèves dans la même salle donc). Oui, je sais, la veille des vacances, pas génial… Autant vous dire que ne pas les avoir vus seuls après ça me laisse encore pantoise.

Mes collègues étaient pas mal remontés mais heureusement en quelque sorte, je pense, ils m’ont laissée commencer. Je n’ai pas pu voir tous mes collègues. Je n’ai pas pu discuter de cette réunion avec eux et je vous avoue que le discours de certains ne me plait guère. Du cup, pouvoir commencer calmait un peu le jeu. Je suis en train de lire des bouquins (encore) sur comment améliorer les comportements en classe et l’un proposait de commencer à la rentrée par un tableau sur les comportements possibles et les comportements à risque, sur le rôle de l’élève et du professeur. Bon, d’accord, c’est un truc qui m’a pas surprise finalement, parce qu’en centre aéré, c’est un truc qu’on fait. Mais au collège, avec le saucissonnage des matières, le découpage des heures, le manque de lien, on ne fait pas ça. A la rentrée, on leur impose le règlement intérieur, ils le signent sans le lire ou font semblant d’écouter la lecture commune parce que c’est seulement le premier jour quand même. Je ne sais pas comment font tous les collègues profs principaux de toute la France, bien évidemment, mais je sais que c’est ce qui a été fait pour cette classe. Alors j’ai expliqué aux élèves qu’on allait discuter des rôles et comportements comme le montrait le tableau projeté, qu’ils le rempliraient eux. Pour leur montrer qu’ils avaient droit à la parole. Parce que je ne pense pas que nos élèves qui sont en train de braver toutes les règles aient besoin de sentir qu’on ne les écoute pas.

d’ailleurs à un moment une élève a dit que le rôle des profs était de les écouter et la collègue d’Espagnol l’a rembarrée… et j’ai eu mal au coeur… 

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Je pense que la forme était là mais que comme je ne maîtrise pas encore bien le truc (pas terminé le livre, pas le temps de le réfléchir per se) et que les collègues n’étaient point bien prévenus… Du coup on a eu le droit aux réponses simples et bateaux du genre « faut se respecter » « faut pas s’insulter »… Bien sûr je me permettais de demander ce qu’ils entendaient par ça, qu’on soit tous d’accord sur le terme. Là, c’était pas mal. Les langues se sont déliées un peu mais les élèves étaient tendus. Une élève a alors dit qu’elle s’ennuyait souvent, et que c’était pour ça que certains devaient alors bavarder en cours.

C’est là que mon coeur a souffert de schizophrénie.

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Parce que je n’ai pas eu le temps de dire ouf que le collègue de science a ri. C’était courageux de la part de cette élève face à tous ces profs tendus de l’avouer. J’aurais aimé qu’il ne rit pas comme ça. Cependant la suite de son discours avait du vrai. ça manquait d’ouverture. La demoiselle a retenu ses larmes. Et moi je ne pouvais pas, devant les élèves, montrer mon désaccord quant à la réponse. Aïe. Cohérence parmi les adultes…

Il a souligné le fait qu’il y avait deux sortes d’ennui. C’est vrai. Celui de l’élève qui a déjà terminé et préfèrerait se mettre un truc sous la dent. Or ça ne concerne pas cette classe du tout, certes, eux, c’est de l’ennui du genre c’est pas intéressant je m’en fous. C’est là que c’est devenu difficile. J’ai glissé un « c’était très courageux de ta part de le dire ». J’ai essayé de rattraper le coup en soulignant le fait que même si tout ne nous intéresse pas toujours (quoi, on a le droit de pas être intéressé madame? bah, M., je peux pas être dans ta tête et te forcer, par contre, je peux te montrer en quoi ça peut être intéressant et tu as le devoir de ne pas en déranger le cours pour autant), il faut penser à ses objectifs personnels, beaucoup d’élèves veulent faire des études post-bac, or il faut le bac, et le brevet avant, alors on peut au moins trouver cette motivation-là. Mais je vous avoue que j’aurais aimé avoir une meilleure réponse.

Et le collègue est parti. Parce qu’il a déclaré qu’il n’avait pas de temps libre à déclarer à une classe comme ça.

Je ne soutiens pas le principe. Si les élèves nous voient se désolidariser d’eux, comment obtenir ce qu’on veut d’eux? Si mon principal me faisait le coup, j’irai moins motivée au boulot. Schizophrénie je vous dis. Mais je pense que le malaise est plus profond. Je pense que c’est parce qu’il nous est difficile de nous adapter aux nouvelles générations. A trouver comment les guider sur le chemin qu’avaient déjà empruntés les élèves de ma génération par exemple. Parce que ce ne sont pas des élèves difficiles. Franchement. Ce sont des élèves qui ont de l’idée, je vous jure. Ils me font des trucs supers quand j’arrive à faire des cours solides, moi qui démarre et galère à obtenir des plans de cours qui ont de la gueule. Et je ne suis pas prête à avoir un coup de main qui vaut le détour encore. Pas assez d’expérience. Alors j’avais mal au coeur pour eux, franchement.

Deux autres collègues ont fait le coup de partir en claquant la porte, après avoir soudain vidé leur sac.

Mal, j’étais mal. Je ne sais pas si on pouvait lire sur mon visage que j’avais mal pour eux, j’ai essayé de ne pas le montrer en tout cas, parce que je devais tenir mon rôle.

Dans mon tableau, il y avait le rôle des profs. Et ça c’est cool. Parce que du coup, il y avait de quoi dire que nous aussi on a des devoirs et un rôle à jouer. De quoi faire comprendre aux élèves qu’ils ne sont pas les seuls qui ont des responsabilités. Car je sais que certains élèves ne sont pas épaulés depuis longtemps à autant de responsabilités à leurs yeux. D’ailleurs, je vous conseille « Parler pour que les enfants apprennent » car ça en parle et ça fait réfléchir. Ce qui nous paraît rien peut paraître énorme pour d’autres, et les enfants hein… même en 4eme, ça reste des enfants!

Bref. J’ai particulièrement aimé qu’une élève disent qu’on doive, nous les profs, faire preuve d’autorité, car c’est un chemin sur lequel je ne suis pas encore bien sur mes deux pieds. Une collègue a tourné ça en « faire respecter le règlement intérieur ». Une autre élève a parlé de sanctionner. Et là, les collègues ont dit que si les élèves respectaient le règlement et la bienséance, on aurait pas à sanctionner, ce n’est pas notre métier initial. Il y a du vrai. Il y a aussi ce rappel donc, de l’image du prof, qui ne change pas.

Des fois je pense à cette scène dans le Disney Le Bossu de Notre-Dame:

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Mais c’est fini les coups de règle sur les doigts. C’est fini le temps où on se faisait respecter parce que notre autorité était liée à la peur des élèves, à la violence, même si les élèves l’attendent encore trop tout en la contestant très (trop) facilement (parents derrière, violence bien plus rude à l’extérieur). Elle doit venir maintenant du respect des élèves. Et c’est beaucoup plus dur à mettre en place mais c’est ce que je veux. Pouvoir être respectée par la classe parce que ce que je propose et enseigne leur suffit. Mais j’en suis loin… Et parce que les élèves n’y sont pas encore, ni les collègues, pas entièrement, parce que j’ai le sentiment que tout est en mutation à l’école aujourd’hui, ce moment qui aurait pu être un moment de partage a été un moment étrange, témoin d’un flottement dans lequel l’école est encore. Je ne suis même pas sûre que mes interventions aient eu un impact sur les collègues, quand j’essayais de nuancer, quand j’essayais tout court…

Rome ne s’est pas fait en un jour, mais il ne se fera sûrement pas demain…

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Prof… Président

TZR, prof, c’est un peu comme président de la république quand on y pense. Oui, oui, je sais, la classe est une grande dictature. Mais…

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Nous arrivons devant un public qui nie d’un bloc nous avoir élu pour le président, ne nous a pas élu tout court pour les élèves, un public qui ne voudra bien de nous qu’après que l’on aura fait nos preuves… Un président en France, c’est pareil. Malgré la campagne avant élection, j’ai l’impression qu’on repart de -20 et non pas de zéro au premier jour. On veut le voir en action, les promesses, les belles paroles, ça ne sert pas à grand chose.

Un mandat, c’est 5ans. Moi j’ai une année en tant que TZR, peut-être quatre pour des élèves de la 6eme à la 3eme pour tenir mes promesses et enfin avoir une réputation qui me précède.

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Je continue la métaphore filée. On a tous les deux un même rêve. Changer les choses. Changer le monde.

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Et une fois dans le système on se rend compte que wow ça va être chaud. Et hop on est déjà en mars et on a l’impression que rien de tout ce qu’on s’était promis de faire ne pourra se faire… Et les élèves nous le font sentir… On a des élèves qui nous caricaturent.

Deux titres différents, une même vie…!

Bon ok, le reste, ce ne sont que des différences mais lol de faire le parallèle quand même non? 😉

Ecole buissonnière

Au cours de théâtre auquel je me suis inscrit cette année, j’ai rencontré une instit qui fait aussi en parallèle beaucoup de formations et conférences. Hier elle en proposait une sur l’apprentissage (on servait un peu de cobayes quoi). J’ai donc suivi une après-midi de formation avec des gens de l’éducation nationale de tous niveaux, prof en prépa, principale adjointe… dans un salon autour d’une tasse de thé…!

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La formation commençait bien pour moi. « On y arrive qu’en se plantant » Cool, en tant que prof je suis sur le bon chemin vu que j’ai l’impression de me planter sur biens des terrains! LOL! Non mais c’est vrai en plus… vrai de vrai!

ça me fait du bien les formations et autres conférences ou lectures sur la pédagogie, parce que je n’en tire pas que du négatif, je vois aussi les petits trucs que je fais bien. Et on en a besoin. On a besoin dans notre métier de s’auto-congratuler, on a besoin de ça, de confiance en soi (et je vous rappelle que ma dernière formation était sur la motivation, or une motivation au top c’est celle qui vient de nous hein, pas du salaire et de la reconnaissance des pairs quand elle n’est pas personnelle).

Moi par exemple je suis la reine de la place de l’erreur positive. Je me trompe toujours régulièrement au tableau et alors l’autre fois je ne savais plus écrire un mot en français. Qu’est-ce que j’adore faire la neuh-neuh devant mes mômes. Qu’est-ce que j’avais à mettre un mot en français au tableau vous me direz, puisqu’on fait du tout anglais (mouhaha). Ouais bah quand dans la partie lexique de mon tableau j’ai des mots que je ne peux pas illustrer et que personne dans la classe n’a su deviner par lui-même, bah faut bien l’écrire en français, ça sert à rien d’apprendre des mots dont on ne comprend pas le sens! Eh bien, je ne savais plus! « Heureusement, vous êtes là! » que je leur ai dit. Pareil pour les maths. Quand faut compter. Eh oui, ça nous arrive aussi en cours d’anglais. Nous l’interdisciplinarité on y est déjà, du coup les nuances apportées en langues vivantes dans les programmes j’ai du mal à m’y faire, le changement n’est pas suffisamment radical. Bon du coup les élèves ont pris le pli donc ça leur fait du bien, je le sens, de savoir que dans l’autre sens, si jamais un jour il m’arrivait de les blamer, ils pourraient me dire « vous, vous êtes bien nulle en maths ». Quand un élève me dit qu’il ne comprend pas, je ne lui dit pas tu ne fais pas d’effort, je lui dis d’abord qu’il y a forcément des trucs qu’il peut comprendre, tiens regarde ce mot transparent là! Et puis que personne ne lui demande d’être parfait et bilingue, juste de comprendre quelques trucs dans leur globalité. On a juste encore un problème avec la lecture des grilles du cadre européen, c’est comme les consignes, ils ne les lisent pas, même quand on les lit ensemble…

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J’ai aussi appris que maintenant, si un parent me saoule, eh bien il suffit de rappeler aux parents que non, ce n’est pas ma décision pédagogique en soi qui ne leur convient pas (bon attention pas pour tout hein) mais ce sont « les neurosciences qui le disent »…! Pensez-y (intelligemment).

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Et bien sûr je viens de dépenser soixante euros en livres conseillés par des gens qui pratiquent et ont vu la différence…! J’aime quand je peux me remettre à réfléchir 🙂 Je me sens moins prisonnière de mon job. ça, c’est important.

La recherche

Hier j’ai assisté à une conférence obligatoire sur la motivation et la prévention à la violence. Je suis contente d’y être allée. J’y serais peut-être allée même si ce n’était pas obligatoire de toute façon. L’intervenant était clair, ouvert aux questions et nous a bien expliqués qu’il comprenait que cela ne nous paraisse pas entièrement réalisable, lui-même a été voir le ministre à l’époque avec son dossier de recherche sous le bras et le ministre l’a accueilli en lui expliquant qu’il n’avait pas les moyens de mettre toutes ces choses en place… Toujours le même souci… (oups accent circonflexe, je l’enlève?)

 

Oui je le savais déjà, lorsque l’on a un élève qui n’y arrive pas et qui ne se sent pas aidé par l’enseignant et l’entourage, ça peut souvent tourner à la violence comme une expression de frustration. On en avait parlé en formation. ça me paraissait simple, logique, (et pendant ce temps là je pensais un peu plus à mon concours qu’à cette logique) sauf que j’ai le sentiment que le formateur il y a deux ans parlait d’un cas isolé dans la classe, j’ai le sentiment d’en avoir une quinzaine sur mes 25 élèves… Disons que j’ai le sentiment que mes élèves arrivent avec toutes leurs frustrations extérieures dans la classe et que d’y arriver ou pas en anglais, ça leur passe au-dessus pour la plupart. La motivation doit venir de l’élève pour être vraie… Je peux donner les noms de mes élèves qui ont une motivation personnelle. Je peux les compter sur les doigts de la main. Après il y a ceux qui ont la baffe à la maison si la prof d’anglais appelle parce qu’elle est pas contente. Motivation extérieure donc fausse motivation donc motivation inefficace en fait a dit le monsieur. Je suis bien d’accord. La plupart de mes élèves ne choisissent pas de venir et rien que ça, c’est dix fois plus de bâtons dans mes roues….! Quand ils ne sont pas soudain motivés pour me pourrir mon cours. J’ai à nouveau eu droit à ma fête cette semaine. Ils ont décidé de tous tousser en même temps. Puis de tous dire « oh! » quand je disais « silence please »… Ok on bosse sur l’environnement et ça n’a pas bien l’air de les brancher, j’ai réussi à les focaliser avec deux trois projets originaux trouvés sur internet mais la seule vraie réaction qui vient du coeur que j’ai eu c’est « pourquoi on fait pas tous ça, pourquoi le président il décide pas de faire ça en France? On vit dans un pays de merde, cherche pas »… Va défendre la république après ça toi… Vive les classes de 3eme. Bon j’ai eu un moment de lucidité extrême de la part de mes élèves je vais pas cracher dessus!

Mais revenons à nos moutons. La motivation. Comment les motiver quand ils sont 25 ou plus d’individus à avoir des goûts différents, des envies différentes, des besoins différents, des sautes d’humeur différentes? La pédagogie différenciée (je propose, je propose, que ce soit en rajoutant des aides sur les supports ou en proposant de choisir son sujet afin d’en trouver un plus simple, plus les grilles du CECRL…!) ne suffit pas. Elle ne permet qu’un premier stade de motivation sécurisant pour l’élève où il fait ce dont il est capable, selon ce qu’a dit l’intervenant, et donc ce n’est pas assez pour parler de motivation réelle.

Du coup j’en profite pour glisser cette vidéo. TED. Ma conférence préférée 😀

cliquer ici (WordPress n’héberge plus youtube désolée…)

Une expérience dont j’avais déjà entendue parler. Faite en maternelle. Les élèves arrivent et choisissent leur activité. Ils font ça en Finlande aussi (même si on sait que ce n’est pas un modèle idéal pour d’autres raisons — la Finlande ne prépare pas ses élèves au dur monde de la réalité du coup taux de suicide des ado assez impressionnant… ça ne veut pas dire que leur idées ne sont pas à prendre, on peut trouver un juste milieu) J’aimerais que mes élèves arrivent et s’installent sur une activité de leur choix moi aussi. Mais ils sont 25 au minimum et il faudrait une salle à moi, un peu plus grande, du matos qui peut rester sur place, une prof qui reste sur place aussi (parce que ça fait partie des gros problèmes de l’éducation nationale à mon avis, qu’on nous place plutôt que l’on ait une liste de gens qui ont le concours et qui aillent postuler comme dans le secteur privé, se vendre, se donner à fond, mais avoir un poste qu’on a voulu, je ne vois pas pourquoi les profs seraient motivés sans eux aussi choisir l’activité qu’ils veulent faire…si je savais que j’aurais ma salle, du matériel et tout et tout je serais moins réticente à venir bosser dans un endroit inconnu et mal réputé) ils auraient plus de trucs à manipuler, ce serait plus agréable. Mais il ne faudrait pas que ce soit juste 45 minutes, trois fois dans la semaine, ça n’aurait pas de sens non plus. Faire des gros créneaux pour avoir le temps de monter des vrais projets, ça ça serait cool…

Bref, j’ai une vision pessimiste de mon métier, pourtant je m’accroche. Je vais finir en collège expérimental moi je vous le dis!

 

 

Le rôle et devoir d’exemplarité de la télé

Un autre ennemi du vivre ensemble et de l’école à mon goût. Quand les joueurs de foot oublient que des millions de mômes veulent faire comme eux comme eux-mêmes l’ont fait avec les joueurs de leur génération, je tremble déjà des conséquences sur le comportement de mes élèves au quotidien. Quand les politiciens se tapent sur la figure, je sue parce que je sais que mes gamins verront ça quand pourtant ils se fichent bien de la politique (malheureusement) mais alors quand une émission populaire se permet le harcèlement et l’humiliation, là c’est carrément la crise d’angoisse et Bruno Donnet l’a très bien expliqué chez France Inter… S’il vous plaît monsieur Hanouna, faites rentrer les choses dans l’ordre, vous avez accepté un rôle public, il comporte des devoirs comme celui de prof, de flic, de politicien, de footballeur et d’élève…!

La vidéo ici 

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